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Le chocolat peut sauver les singes-lions à tête dorée

"Le chocolat peut assurément contribuer à la sauvegarde des singes-lions à tête dorée." C'est ce qu'affirme le CRC, l'institut scientifique du ZOO d'Anvers, après 20 ans de recherche sur le callitrichidé du Bahia brésilien. "C'est le cas lorsque le cacao à partir duquel est fabriqué le chocolat provient d'une cabruca. Dans ces plantations de cacaoyer, les agriculteurs cultivent du cacao à l'ombre des arbres forestiers dans lesquels vivent les singes-lions à tête dorée. Un compromis idéal entre le maintien de la biodiversité et la rentabilité économique", explique Kristel De Vleeschouwer, qui coordonne depuis vingt ans le projet de recherche et de conservation BioBrasil. De cette manière, le ZOO d'Anvers contribue à la protection des singes-lions à tête dorée, à tous les niveaux.

Au Brésil, la forêt équatoriale Atlantique est fortement mise sous pression par la déforestation et cela a des répercussions néfastes sur les singes-lions à tête dorée qui y cherchent de la nourriture, des nids et des cachettes. "Selon nos estimations, il ne resterait qu'un maximum de 15.000 individus dans la nature. Notre objectif pour le futur est de conserver des populations viables et durables de singes-lions à tête dorée sur ce territoire, mais pour ce faire, nous devons pouvoir préserver leur habitat", affirme De Vleeschouwer.

Écologie et économie

Les plantations de cacaoyer peuvent être l'issue de secours des singes-lions à tête dorée. "Les cabrucas jouent un rôle important dans l'augmentation de la connectivité du paysage. Entre les fragments de forêts éparpillés de la forêt primitive, elles peuvent pour ainsi dire former un pont pour les singes-lions à tête dorée. Les plantations de cacaoyer sont en effet aussi un habitat utile pour le callitrichidé, puisque les hauts arbres forestiers dont ils ont besoin peuvent subsister pour offrir de l'ombre aux cacaoyers. Seul le sous-bois de la végétation doit faire place à la culture du cacao", explique Steffi Dekegel, doctorante à l'Université de Louvain-la-Neuve.

Le projet BioBrasil défend donc l'agroforesterie, la combinaison de l'écologie et économie durables dans une même région. En tant que plus ancien projet dans la région, l'équipe utilise désormais ses 20 ans de résultats de recherches scientifiques pour lancer des actions de conservation concrètes avec son vaste réseau de partenaires locaux. "L'étape concrète suivante est de rechercher l'intersection entre le nombre idéal d'arbres d'ombrage pour les agriculteurs locaux et le nombre viable pour les singes-lions à tête dorée. Plus il y a d'arbres d'ombrage, mieux c'est pour les singes-lions à tête dorée, c'est sûr. Mais on n'a pas encore cartographié la quantité d'arbres d'ombrage pouvant subsister pour conserver une rentabilité suffisante de la culture traditionnelle de cacao pour les producteurs locaux. Le risque existe en effet que les agriculteurs utilisent la cabruca de manière plus intensive et qu'il subsiste dès lors trop peu de grands arbres pour les singes-lions à tête dorée. Ou ils peuvent opter pour des gains plus rapides et plus importants avec une monoculture comme une plantation de café dans laquelle il ne reste plus aucun arbre forestier. C'est ce que nous voulons bien sûr éviter pour les singes-lions à tête dorée en misant sur la promotion de la durabilité économique de la sylviculture de cacao dans la région de Bahia."

Cher à nos cœurs

Le chocolat est cher à la Belgique, tout comme les singes-lions sont très importants pour le CRC. Depuis 1978, le ZOO d'Anvers détient ce callitrichidé dans sa collection d'animaux et étudie ces animaux et leur bien-être. Le CRC joue aussi un rôle important dans le programme d'élevage international de l'espèce dans les parcs animaliers. Depuis 2020, il mène des recherches dans la nature dans le cadre du projet BioBrasil pour contribuer à des actions de conservation de la population sauvage.